Steve Moore : Beloved Exile

On l'attendait, et le court album du senior des B.O. de films d'épouvante (The Guest, The Mind’s Eye, Crunch Time) ne déçoit pas ; il enchante même. Concocté dans son home studio new-yorkais, Beloved Exile se nourrit d'influences new age et d'illustrations sonores rétro. Si bien que le résultat ressemble à une rencontre alchimique entre Steve Roach et Goblin.
La chanteuse tunisienne Emel Mathlouthi y déploie ses vocalises, la harpiste Mary Lattimore et les percussions discrètes de Jeff Gretz l'accompagnent ; nous voilà emmenés vers des scènes répétitives en tension dramatique (Your Sentries will be Met with Force, My Time Among the Snake Lords), entrecoupées de longues plages apaisées et sinueuses (Beloved Exile, Throne Lane).
Soundtrack de film imaginaire dans un orient lunaire et fantasmé, exil ethnique ?
Si le rideau mystérieux du visuel de l'album peut rappeler la pochette Exotica de Martin Denny, les titres - fortement symboliques, proposés par l'auteur et musicien John Danielle, font pencher l'interprétation vers les roseaux/rideaux d'une cabane de Soukhot.
Cette fête donne lieu chaque année durant 8 jours à la reconstruction d'un abri par les Juifs de la diaspora. La fragilité de cette habitation symbolise la précarité de vie des Hébreux lors de leur sortie d'Égypte. Beloved Exile.




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