Matthew Wilcock : Ordinary Beautiful Things 1
Dernière mise à jour : 17 sept. 2019

Le londonien Matthew Wilcock est à l'origine d'un CDr, Self Helped Dance, sorti en 2015 sous le pseudo Model 86, offrant une electronica mêlée de hip hop et d'abstractions sonores. Il réalise par ailleurs de la musique d'illustration publicitaire ou cinématographique, avec son partenaire Aleah Morrison-Basu dans leur société Zelig Sound.
Premier album solo sous son nom propre, Ordinary Beautiful Things 1 témoigne de sa formation classique et contemporaine en école de composition et théorie musicale : l'introductif et ambitieux Love, canon vocal répétitif qui va s'amplifiant jusqu'à un sommet de mélismes évoque l'image d'une chorale grandiose.
Les deux plages suivantes, moins exubérantes - notamment le piano nostalgique de Future, illustrent plus simplement le concept de l'album, selon l'artiste : la beauté éphémère de choses ordinaires et nous sommes seul.e au monde à saisir cet instant de grâce.
A partir de Touch, changement d'univers et de coloration instrumentale, les morceaux basculent dans des atmosphères plus expérimentales, avec des vagues de drones et de synthèse analogique modulaire qui l'emportent sur l'orchestration classique.
Sa musique est imprégnée d'une tension dramatique - We Don't Cry for Mondays, Breathing (Vignette) -, par endroits renforcée par des basses fréquences (5'23" in My Life to Others (Beating / Installation), avec des moments où le sublime côtoie la mélancolie intime de ce qui est perdu à jamais.
C'est probablement dans I Might Die Now and I Feel Fine que Matthew Wilcock réussit le mieux à restituer cette aspiration lyrique à la beauté et en même temps ce sentiment de solitude. Il rejoint en cela les vers du poète hermétique italien Salvatore Quasimodo :
"Chacun est seul au coeur de la terre transpercé par un rayon de soleil : et c'est déjà le soir. "
En écoute/achat chez Traxsource.




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