Huerta : Junipero
Dernière mise à jour : 27 mai 2020

Le premier album de Steve Huerta témoigne d'une agréable maîtrise des textures, avec un univers à base de synthés doux, de micro-sonorités réverbérés et scintillantes, des nuances chaudes qui emmènent l'auditeur dans un climat exotique, ondulant et mystérieux. Junipero mêle des sonorités électroniques qui renvoient aux planances profondes de la Berlin School (It Goes Over Me) et un son beaucoup plus contemporain, avec un travail recherché sur les échantillons, des échos et voix lointaines formant une bande-son aux images oniriques. Comme chez DJ Priori, chroniqué récemment et auquel ce disque fait penser, on aime la liberté stylistique, qui lui permet d'enchaîner morceaux rythmés (Mutualism, Aerial Interlude) et stases méditatives, notamment dans le très beau Plant Memory, déployé en nappes, écoulements liquides, et cascades de rythmes en guise de final.
Les derniers tracks (8 à 10), très séquencés et d'aspect plus tribal, sont moins convaincants comparés aux merveilles délicates du début. Le dernier, Tiles and Glass, sauve la mise, malgré ses drones entêtants et nasillards, qu'on finit par oublier pour discerner en dessous d'innombrables found sounds et une épiphanie bienvenue (4'15") qui adoucit l'atmosphère toujours vibrante d'aspérités sonores.
On n'est donc pas étonné de le voir édité sur le label Voyage, qui produit également les excellents Albrecht La'Brooy et Rings Around Saturn.




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