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Arovane & Mike Lazarev : Aeon

Marc2Fab
14 août 2019
2 min de lecture


Les 150 exemplaires manufacturés et numérotés sont déjà épuisés. On se consolera avec l’album numérique dont l’écoute est loin d’épuiser les évocations et la beauté tranquille.

Celle du titre - tout d’abord, Aeon, qui désignait en grec une temporalité très longue, de l’ordre de la destinée ou de l’éternité. S’il est vrai que chaque instant possède une parcelle d’éternité, c’est la sensation profonde qui se dégage du disque d'Arovane en collaboration avec le pianiste Mike Lazarev : Constitué de courtes séquences pianistiques échantillonnées par Uwe Zahn (Arovane), il forme une série d'instants magiques. L'introductif Us, Inside, rappelle la grâce ancienne d’un début de menuet.

Echoes on, Quiet démarre en lévitation dans une salle résonnant de sons mystérieux, et puis l’atmosphère s’éclaire, le jeu de piano s'ouvre sur un air connu, lentement, avec l’assurance calme de qui a tout son temps, des éons, devant lui.

Quelques pièces sont enoesques à souhait : Elegie, Red, mais surtout Inerp, Blue et 9 December 27th, Recurring, minimaux et posés sur des notes prolongées en tension inquiète, rappellent le superbe Shutov Assembly.

Uwe Zahn installe tout au long des 10 titres différentes variations de drones, légers, ou à tonalité plus grave, qui créent comme l’attente d’un point culminant. Des voix, bruissements et sons étranges accentuent ça et là ce climat légèrement inquiétant (Intérieur, Ex) ; seul, le court Distant, In Time, à la mélodie liquide et enlevée, vient rompre avant la fin cette atmosphère anxieuse.

Mêlant dramatisation, silences et déploiement gracieux, Aeon fait miroiter les sensations diffuses d’une musique du soir, entre chien et loup, avec des papillons de piano voletant une dernière fois avant la nuit, et le pressentiment d’un orage qui menace au loin.



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